Ave Racine lève 500 000 € sur Ulule avec 17 000 commandes, record historique du financement food en France

Quand une jeune marque promet de réinventer la charcuterie en version végétale, cela attire vite l’attention. Mais quand cette même marque explose tous les compteurs du financement participatif, la curiosité grimpe encore plus vite. Ave Racine en est la preuve. Son aventure, lancée timidement, s’est transformée en un succès massif qui a surpris tout le monde.

Une idée audacieuse devenue phénomène

Ave Racine part d’une idée simple : appliquer les techniques de la charcuterie traditionnelle à des légumes. Dans leur atelier marseillais, Jeremy Emsellem et Renoir Gilbert transforment des carottes en produits façon saucisson, affinent des betteraves comme de la viande et révèlent le goût noisette de topinambours travaillés avec précision. Le duo allie savoir-faire culinaire, expérience entrepreneuriale et ambition forte.

Pour tester le marché et financer leur première production, ils lancent une campagne de précommandes sur Ulule le 10 octobre 2024. Leur objectif est atteint dès le premier jour. Et la suite dépasse tout ce qu’ils imaginaient : plus de 17 000 commandes et 230 000 euros collectés. La campagne devient n°1 des projets food sur la plateforme, un record encore inégalé.

Un succès qui se transforme en course contre la montre

Le triomphe laisse vite place à l’urgence. Ave Racine s’est engagé à livrer pour Noël 2024. D’une estimation de 200 à 300 sachets, ils doivent finalement en produire plus de 60 000. La pression devient énorme.

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Le passage à une production quasi industrielle s’impose. Ils quittent leur petit local, soutenus par l’incubateur AgriFoodTech de KEDGE Business School, et lèvent 250 000 euros pour s’équiper et se structurer. Entre les essais ratés, les produits jetés et les longues journées, l’équipe — passée de 4 à 7 salariés selon les périodes — fait face à un défi logistique et humain colossal.

Malgré les efforts, toutes les livraisons ne pourront être honorées qu’un an plus tard. Pendant ce temps, il faut communiquer, répondre aux clients impatients et rassurer ceux qui s’interrogent.

La distribution s’en mêle et complique tout

En pleine production, Ave Racine commence aussi à se développer commercialement. Une trentaine de magasins Biocoop adoptent leurs produits, bientôt rejoints par d’autres enseignes bio comme Bio c’Bon. Très vite, plus de 100 points de vente viennent s’ajouter aux livraisons des particuliers.

Cette étape, pourtant essentielle pour survivre, crée de nouvelles incompréhensions. Certains clients se demandent pourquoi les magasins sont approvisionnés alors que toutes les commandes Ulule ne le sont pas encore. Ave Racine doit expliquer, encore et encore, que cette distribution est nécessaire pour ne pas mettre la clé sous la porte.

Entre doutes, résilience et nouveaux projets

Les mois suivants sont difficiles. Sous la pression, les cofondateurs pensent plusieurs fois abandonner. La charge mentale devient lourde, alimentée par les critiques et la fatigue. L’incubateur les accompagne via une équipe spécialisée en développement personnel, un soutien crucial pour tenir le cap.

Finalement, ils persistent. Leur concept, unique au monde, prend forme. Ave Racine devient la première maison d’affinage végétale. Leur savoir-faire est en cours de brevet. Les prévisions suivent : 300 000 euros de chiffre d’affaires en 2025, puis 500 000 euros en 2026, et l’ambition d’atteindre 1,5 million d’euros en 2027.

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Une aventure qui ne fait que commencer

Ave Racine montre qu’une idée forte, portée avec détermination, peut trouver un écho massif. Mais ce succès révèle aussi les coulisses moins visibles de l’hypercroissance : stress, organisation à repenser, pression des livraisons, gestion des attentes.

Malgré tout, l’entreprise avance, se structure et consolide son modèle. Et après une telle ascension, il est difficile de ne pas suivre attentivement la suite de son histoire.

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Céleste D.
Céleste D.

Passionnée par la cuisine française et amoureuse des produits locaux, Céleste partage avec finesse les secrets de la bistronomie et l'art du dressage soigné.